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COUP DE CŒUR N° 82 DE ROLAND BERENGUIER
Coup de coeur ROLAND BERENGUIER

16 Septembre 2018

Coup de cœur n° 82

Mythologie de l'abeille



Ce coup de cœur est dédié à nos amies les abeilles.

Tout d'abord, un petit résumé tiré du site « Un toit pour les abeilles » :

« Depuis quelques années, la population d'abeilles est en très forte diminution, avec une disparition totale sur certaines zones. Ce phénomène porte le nom de « Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles » ou CCD (Colony Collapse Disorder) : subitement, les ruches se vident de leurs abeilles sans que l’on ne retrouve aucun cadavre à proximité. Ce syndrome est très préoccupant en raison de l'importance écologique de l'abeille en tant que pollinisatrice.

Les études en cours montrent que plusieurs causes sont responsables de cette disparition progressive : traitements pesticides, infections parasitaires, maladies, pollution, réduction de la ressource alimentaire (quantité et diversité des fleurs fournissant nectar et pollen) et des habitats, compétition avec des espèces invasives, changement climatique, multiplication des émissions électromagnétiques, nouveaux prédateurs…

Voici un exemple de disparition totale : Dans une région de Chine, conséquence d'un usage intensif des pesticides, les abeilles ont totalement disparu. Les agriculteurs sont obligés d'employer des centaines de personnes pour polliniser eux-mêmes les fleurs des poiriers... »

Mais l'abeille est aussi rattachée à l'histoire, à des symboles, à des traditions, à des croyances, comme décrit dans « Lunantique », site consacré aux légendes et à la mythologie :

 « Depuis la nuit des temps, le miel et l'abeille font partie des grands mythes de l'humanité et sont d'une richesse symbolique extraordinaire.


La naissance des abeilles :

Pour les Grecs tous les phénomènes de la nature étaient d'origine divine. Les abeilles exerçaient une véritable fascination et leur origine mystérieuse s'inspire de la légende d'Aristée: Aristée, fils du dieu Apollon, possédait un rucher. Mais il voulut séduire Eurydice, l'épouse d'Orphée, et celle-ci, en échappant à ses avances, mourut d'une morsure de serpent. Orphée pour se venger détruisit le rucher d'Aristée. Pour calmer la colère des Dieux courroucés par sa faute, Aristée sacrifia quatre taureaux et quatre génisses: de leurs entrailles surgirent de nouveaux essaims grâce auxquels Aristée reconstitua son rucher et put enseigner l'apiculture aux hommes. Cette légende est racontée par Virgile, le grand poète latin, dans les célèbres Géorgiques. Tout comme les Grecs anciens, il pensait que les abeilles naissaient spontanément de cadavres d'animaux.

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Les symboles de l'abeille :

Ouvrières de la ruche, les abeilles sont le symbole d'une communauté industrieuse et prospère gouvernée par la reine. D'où leur symbolisme royal et impérial, en France et dans l'ancienne Egypte associée au Dieu solaire Râ.

Mais aussi animatrices de l'univers entre terre et ciel, les abeilles symbolisent le principe vital, elles matérialisent l'âme.

Les abeilles dans l'histoire :

En 1653, on découvrit, à Tournai, dans l’actuelle Belgique, le tombeau de Childéric 1er, roi des Francs saliens, fondateur en 457 de la dynastie mérovingienne et père de Clovis.

Les abeilles sont considérées comme le plus ancien emblème des souverains de la France.
Parmi les nombreux artefacts se trouvaient des insectes d’or et d’émail — certains disent 300 — qui peut-être avaient constellé le manteau du roi défunt. La science du XVIIe siècle y distingua des abeilles et avec elles un symbole de souveraineté.
Le trésor de Childéric fut offert à Louis XIV par Léopold 1er (du saint Empire). Conservé à la Bibliothèque Royale depuis le début du XVIIIe siècle, il fut volé en 1831. On ne retrouva que deux exemplaires des joyaux en forme d’abeilles.
De nos jours, les spécialistes ne sont plus tout à fait certains qu’il s’agisse d’insectes mellifères. On peut, en effet, y voir des mouches, des cigales, et même des hannetons , mais la corrélation entre abeilles et Mérovingiens perdure.

 Napoléon Bonaparte à beaucoup contribué à la persistance de cette croyance en prenant l’insecte butineur comme l’un des emblèmes de l’Empire, l’autre étant l’aigle. L’aigle le rattachait à Charlemagne et à l’empire carolingien ; les abeilles aux mérovingiens, la plus ancienne dynastie de France. Le jour de son sacre, le semis d’abeilles supplanta le semis de fleurs de lys des armoiries des rois. De royale, l’abeille devint impériale.
Symbole d'immortalité et de résurrection, les abeilles sont choisies afin de rattacher la nouvelle dynastie aux origines de la France.

 Traditions et croyances antiques:

Les idées symboliques d’ordre, d’industrie, de charité que l’on rattache de nos jours à l’abeille sont relativement récentes. Pour les anciens, elle est avant tout un emblème de résurrection et d’immortalité, ainsi qu’un symbole solaire.

En Égypte, elle serait née des larmes du dieu solaire Ré et est associé au roi de la Basse-Egypte, Bîty qui désigne également l’apiculteur. En tombant sur le sol, elles se transformèrent en abeilles, qui construisirent des rayons et fabriquèrent du miel.
 Ouvrières laborieuses, innombrables et organisées, elles travaillent tant sur le plan temporel que sur le plan spirituel. Par leur vol, elles relient la terre au ciel et symbolisent les âmes dans leur migration (âmes des morts) ou leur élévation (âmes des initiés). L’égyptologue Alexandre Moret signale une abeille sculptée dans les stucs d’un monument et accompagnant un fœtus entouré d’épis. Conjuguée avec les épis, est-elle un symbole de fertilité ? Ou l’abeille nourricière va-t-elle (re)donner la vie au fœtus ?

 Chez les Celtes, l’insecte mellifère est une manifestation de la déesse Mère Henwen qui enfanta un grain de blé et une abeille. Le miel est l’un des ingrédients de la boisson des dieux, l’hydromel, et confère à l’insecte qui le conçoit un statut particulier.
Dans les traditions galloises, l'abeille évoque les notions de sagesse et d'immortalité de l'âme. On lui porte depuis la nuit des temps un rôle initiatique et liturgique. Symbole de résurrection, on la trouve figurée sur les tombeaux en tant que signe de survie post-mortuaire.

 Dans le monde gréco-romain, l’abeille est un des attributs d’Artémis d’Éphèse représenté sur les statues de la déesse, et l’insecte figure de façon continue au long des siècles sur les monnaies éphésiennes. A Éleusis et à Éphèse, les prêtresses de Déméter et d’Artémis

portent le nom de "melissai" « abeilles ».


Le grand-prêtre de l’Artémision d’Éphèse, qui par sa consécration devenait parèdre d’Artémis, était dit « seigneur des abeilles ». Apollon, le frère d’Artémis, envoya aux Hyperboréens le deuxième temple de Delphes. Celui-ci avait été façonné par des abeilles. Dans l’Iliade, Homère qualifie les Amazones d’abeilles belliqueuses. Artémis en était la reine.

 Les abeilles symbolisent également l'éloquence, la parole et l'intelligence. En hébreu le nom de l'abeille Dbure vient de la racine Dbr, parole. Elles se posent sur la bouche de Platon, enfant, "annonçant la douceur de son éloquence enchanteresse" (Pline) ou encore sur les lèvres de Saint Ambroise, patron des apiculteurs.
A Delphes, pour Virgile, elles possèdent une parcelle de l'intelligence divine et la célèbre Pythie d'Apollon était aussi nommée "l'abeille de Delphes".

Dans certains textes de l'Inde, l'abeille représente l'esprit s'enivrant du pollen de la connaissance.
Ou bien elle est l'âme qui s'envole du corps, comme dans les traditions de Sibérie, d'Asie Centrale ou chez les indiens d'Amérique du Sud.

 Enfin par son miel et par son dard, l'abeille est considérée comme l'emblème du Christ : d'un côté sa douceur et sa miséricorde, de l'autre l'exercice de sa justice en tant que Christ-juge. »



Pour conclure, les abeilles sont un élément important de la biodiversité. Elles sont organisées et ont inspiré l’Homme pour de nombreuses constructions avec l’architecture alvéolaire. Elles sont indispensables à la vie humaine, et sont les principaux insectes pollinisateurs. Si elles ne sont pas protégées, cela pourraient faire s’effondrer la société humaine. Alors la prochaine fois que vous vous ferez piquer par une abeille, réfléchissez-y à deux fois avant de l’écraser.

Roland Bérenguier - Pierrevert – SEPTEMBRE 2018
 






Réalisation Alain Escobar